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La Planète jazz de Mathieu Jaton

Par Sylvain Fanet, photos : Marc Ducrest

Il est jeune (42 ans), et pourtant Mathieu Jaton a déjà une longue histoire avec le Montreux Jazz Festival, dont il est aujourd’hui le ceo. Rencontre à l’Hôtel Beau-Rivage à Lausanne.

On ne présente plus le Montreux Jazz Festival, devenu un événement d’une ampleur et d’une richesse impressionnantes. Comment le réinventer chaque année ?
La réinvention à Montreux est permanente. On couvre beaucoup de styles, c’est vrai, le piège serait de vouloir trop en faire, de vouloir toucher à tout en perdant l’âme centrale. On peut faire tous les changements qu’on veut, jouer avec de nouvelles scènes, desnouveaux projets, mais pour moi, le challenge, c’est de garder un ADN qui soit très fort. Le music business, avec des giga festivals partout dans le monde, a beaucoup changé, il est loin de notre modèle et nous pousse à « régater » différemment. Nous devons « régater » avec une âme, un esprit humain, avec de la qualité, de la sensibilité, de la pertinence, avec de la cohérence. Tous ces giga open air, de par leur puissance de frappe, de par leur grandeur, ne peuvent plus faire de craftmanshift ou de l’orfèvrerie. Pour moi, Montreux est un orfèvre de la musique. On est tellement petits, en termes de capacité de salle, – 20 000 personnes par jour, il faut en faire un atout dans notre programmation, avec des liens entre toutes les scènes, de la plus grande à la plus petite. On construit vraiment ça comme une montre, avec des rouages qui doivent s’engrener parfaitement. Alors, bien sûr, c’est risqué. Notre fonctionnement va à l’inverse de tout ce qu’il faudrait faire pour s’assurer une stabilité financière.

© 2017 FFJM - Lionel Flusin

Vous avez des pointures, mais elles font partie d’un tout
Tout cela ne se fait pas comme une sorte de liste de courses, avec les quelques artistes commerciaux qui vont garantir de remplir les salles. On essaie de ne pas aller à la facilité. Je ne programmerais pas aujourd’hui Maître Gims ou Soprano, ça n’aurait pas de sens à Montreux, mais il nous est arrivé de faire venir, en amont de leur succès, des artistes comme Sam Smith, Muse ou Black Eyed Peas. C’est aussi le talent de nos programmateurs d’aller dénicher des talents avant qu’ils « sortent du bois ». Il en va de notre crédibilité, quitte à faire des choses incomprises ou que seulement peu savent voir. C’est comme dans l’horlogerie et le luxe en général, il y a beaucoup de choses qui sont à peine perceptibles mais qui font la différence; ce sont les signes de la qualité. MJF et Parmigiani se rejoignent là-dessus, je pense, en faisant des choses qui sont parfois incomprises, qui peuvent paraître absurdes. Dans les deux cas, c’est aussi parti de la passion d’un homme, Pierre Landolt, d’un côté, Claude Nobs de l’autre. Mais c’est ce qui construit une marque, ce sens du détail. La force d’une marque est dans les détails. Et il faut savoir prendre certains risques de programmation dans un monde où tout devient aseptisé. Certains prédisaient que le modèle Montreux ne survivrait pas face au bouleversement dans le business de la musique, mais il survit par son ADN, par les valeurs humaines. Et puis tous ces ingrédients qui font qu’une soirée est consistante, a du sens, comme la rencontre entre Solange et Erikah Badu l’été passé, pour ne citer qu’un exemple. Il faut plusieurs éléments pour qu’une programmation fonctionne à mon avis : des stars internationales, des projets uniques, des plateaux inédits, des créations particulières (Max Richter, Nicolas Jaar par exemple), puis des pépites encore inconnues, de vraies découvertes

opentuning02© Émilien Itim.

Montreux Jazz Festival, c’est aussi une marque, qui se décline à travers différents projets. Comment peut-elle évoluer et jusqu’où voulez-vous aller ?
J’ai l’avantage de bien connaître le sujet car c’est l’une des premières missions qui m’a été confiée lorsque j’ai rejoint l’équipe du festival. Il a d’abord fallu faire un peu d’ordre dans la marque et ses déclinaisons à l’étranger. Avec les cafés que l’on a ouverts dans différents lieux (7 à ce jour), on a un concept pertinent, mais nous travaillons aussi à mieux définir les lieux choisis. De nouveaux cafés pourraient ouvrir dans le Design District de Miami, à Tokyo, dans l’aéroport d’Atlanta… On ira peut-être jusqu’à 15, 20 cafés dans le monde. Concernant les festivals, nous allons en développer deux ou trois, pas plus. Les marchés sont très clairs : le Japon, le Brésil, avec lesquels nous avons beaucoup d’affinités, pourquoi pas en Chine, mais la culture musicale européenne n’y est pas encore très implantée. Il faut une opportunité touristique, économique et culturelle.
Dernière question, plus personnelle : quel artiste rêvez-vous le plus d’attirer à Montreux ?
Prince, dont la mort m’a bouleversé, était pour moi l’artiste qui incarnait le mieux l’esprit du festival, dans cette façon de se réinventer sans cesse, hors système, out of the box, tout comme David Bowie ou quelqu’un de plus récent comme Woodkid. Je rêverais d’avoir Paul McCartney, pourquoi pas en piano solo, et U2, mais là, à nouveau, dans un format inédit, peut-être acoustique. Je ne désespère pas, Stevie Wonder a mis des années pour venir, il faut laisser sa chance au temps !