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EVER

Conseil de famille

Par Sylvain Fanet, photographies : Fred Merz

Si Michel Parmigiani incarne sa marque aux yeux du public, l’histoire est aussi familiale. Anne-Laure, sa fille aînée, travaille dans l’entreprise depuis quinze ans déjà, Léa, plus jeune, y a fait ses premiers pas. Tous trois échangent autour de la transmission, de la passion et du métier d’horloger

Pouvez-vous chacun nous retracer votre parcours ?
Léa
J’ai intégré l’école d’art de La Chaux-de-Fonds, où j’ai étudié la mode et la création de vêtements. J’ai toujours été sensible au dessin, à la peinture, j’ai aussi fait de la musique et de la danse classique, tout cela m’a influencée. J’ai passé quelques mois au département Design puis au service communication de Parmigiani. C’était très intéressant de se confronter à la réalité de ce métier. Et puis j’ai eu l’opportunité de partir en Italie travailler pour la marque Missoni.
Anne-Laure
Comme Léa, j’ai été à l’école d’art de la Chaux-de-Fonds, mais pour apprendre la gravure. Puis j’ai intégré une école d’horlogerie à Neuchâtel. J’ai ensuite fait mes débuts dans le métier chez Parmigiani Fleurier, d’abord à l’établi, puis au service après-vente, où j’ai eu l’occasion de me familiariser avec tous les calibres et modèles de l’époque. Cela fait quinze ans que je travaille au sein de l’entreprise et je suis désormais chef de projet pour des pièces uniques et des demandes particulières.
Michel
L’horlogerie, quand j’étais môme, était un univers assez mystérieux. Je dessinais beaucoup à l’adolescence, surtout des maisons, et j’ai hésité entre l’horlogerie et l’architecture. J’ai opté pour l’horlogerie, car il y avait une école à Fleurier, tout près de chez mes parents. J’ai toujours eu envie de me mettre à mon compte. En 1964, quand j’étais encore adolescent, j’ai fait la rencontre d’un personnage atypique d’horloger-paysan, qui a encouragé ma vocation. Plus tard, c’est la rencontre avec Pierre Landolt qui a été décisive pour la création de la marque.
Les valeurs incarnées par Michel au travail sont-elles les mêmes que celles véhiculées en famille ?
Léa
Je pense que mon attirance pour le domaine artistique est lié aux voyages que l’on a pu faire ensemble. Et les connaissances de mon père et sa curiosité dans de nombreux domaines m’ont fortement influencée.
Anne-Laure
Depuis quinze ans que je travaille pour la marque Parmigiani, j’ai pu constater que les valeurs que nous avons reçues, enfant ou jeune adulte, se retrouvent au sein de l’entreprise. La volonté d’excellence, le goût pour le dessin, la créativité. Nous avons toutes les deux suivi un cursus artistique, cela nous a aidés dans notre façon d’aborder un projet et cela nous permet de partager beaucoup de choses.

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© Fred Merz

Avez-vous des avis parfois divergents, une vision différente dans le cadre du travail ?
Michel
On n’a pas toujours les mêmes idées, heureusement ! L’essentiel, c’est le dialogue. Je ne suis pas un père despotique, qui cherche à imposer à ses enfants des idées ou une façon de penser.
Anne-Laure
L’expérience permet de se forger une opinion par soi-même. Parfois, on se trompe. Ce qui compte, c’est de pouvoir en discuter ensuite.
Léa
Nous sommes rarement en conflit. Quand nous ne sommes pas d’accord, c’est plutôt l’occasion de discussions enrichissantes. C’est plutôt positif.

Il faut s’adapter à la contrainte de la taille, épurer certaines lignes, bien comprendre l’incidence des mouvements, savoir interpréter avec certitude un dessin original qui est cinq à dix fois plus grand que l’objet à créer.

Michel décrit le métier d’horloger comme celui d’un « artisan d’art »… Qu’en pensent ses filles ?
Léa
Pour moi qui ai un œil extérieur, l’horlogerie est une forme d’art, qui demande de la passion, un bon sens de l’observation inspiré par la nature, par ce qui nous entoure.
Anne-Laure
Oui, c’est un mélange d’art et d’artisanat. Cela demande énormément de patience, de dextérité. Et on a la patte ou on ne l’a pas. Pour régler un mouvement de haute horlogerie, il faut aussi avoir une bonne oreille.
Michel
Comme dans l’architecture antique, pour parvenir à la juste proportion, il y a un travail minutieux à accomplir, qui s’allie à la recherche du beau. C’est de l’art appliqué, mais ça reste de l’art. L’autre difficulté de ce métier, c’est la miniaturisation. Il faut s’adapter à la contrainte de la taille, épurer certaines lignes, bien comprendre l’incidence des mouvements, savoir interpréter avec certitude un dessin original qui est cinq à dix fois plus grand que l’objet à créer. Appréhender ces choses-là, c’est déjà tout un art.
C’est un métier fait de patience, mais qui réserve aussi quelques moments d’euphorie ?
Léa
Il faut prendre conscience que certains projets peuvent durer plusieurs années, donc il est vrai, lorsqu’on arrive au terme, que l’on voit que tout fonctionne comme on le souhaitait, malgré les embûches – car il y en a toujours –, on ressent une énorme satisfaction !
Anne-Laure
Les étapes, les échelons par lesquels il faut passer sont si nombreux et les objets si petits, qu’il y a forcément une forme de soulagement quand on parvient à finaliser un objet. C’est excessivement minutieux.
Quel rapport avez-vous à la marque ?
Anne-Laure
J’en suis très fière. J’ai suivi sa création, j’ai vu mes parents œuvrer et beaucoup travailler pour mener à bien cette entreprise. Aujourd’hui, quand j’observe la ligne des collections, je trouve que tout est parfaitement cohérent, que l’on sent que le travail de fond a été fait avec le cœur.
Léa
Je suis née en 1996, autant dire en même temps que la marque ! Donc, depuis mon enfance, je baigne dans cet univers. C’est très familier, totalement ancré en moi.

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La Toric Chronomètre fait partie de la collection du même nom lancée par la marque en 1996. © Parmigiani

Quel est le modèle dessiné par votre père qui vous plaît le plus ?
Léa
Le modèle que je trouve le plus séduisant, pour une femme en tout cas, c’est la Tonda 1950, celle que je porte, assez grande et ronde.
Anne-Laure
Moi, je préfère la gamme Toric, une ligne qui a été créée dès le début, et utilisée ensuite uniquement pour la haute horlogerie. J’ai beaucoup travaillé autour de cette Toric pour des pièces uniques, je trouve que c’est la ligne qui correspond le mieux à l’identité de la marque, qui incarne vraiment la marque.

Les créations de la haute horlogerie sont prédestinées à être collectionnées et conservées.

Projetons-nous dans le futur. Comment envisagez-vous le métier dans vingt ans ? Ce sera quoi, être horloger en 2040 ?
Anne-Laure
Je pense que le métier va évoluer, avec de nouvelles technologies, de nouveaux matériaux. Au niveau de la fiabilité des mouvements, on va toujours aller plus loin, peut-être aussi au niveau de la grandeur des mécanismes, de la réserve de marche... Mais concernant le métier lui-même, ce sera une évolution plus qu’une révolution. Il y aura toujours autant d’artistes et d’artisans qui vont œuvrer pour la haute horlogerie suisse. Enfin, je l’espère !
Léa
Notre société nous pousse à moins nous intéresser à ce genre d’objets, mais les gens ont aussi envie de quelque chose de précieux, d’unique, qu’ils pourront transmettre... À l’heure de l’iPhone et de toutes ces photos que l’on prend et qu’on oublie aussitôt, les objets d’art ont toute leur place !
Michel
L’évolution technologique est naturelle, mais je pense et je souhaite que cela reste un métier artistique, pour la simple raison qu’il demeurera rare. Telle que je vois la marque Parmigiani, ce sont les objets rares avec une forte plus-value, qui deviendront des objets de collection. C’est la plus belle des reconnaissances possible à mes yeux. Ce qui est important aussi, c’est que l’on crée des objets pérennes, qui peuvent vivre des siècles, ne deviennent pas obsolètes. Les créations de la haute horlogerie sont prédestinées à être collectionnées et conservées.